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15 juillet

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Jeudi 15 juillet 2004
L’AIGUILLETTE DES HOUCHES

Six heures. Je réveille doucement Pascale qui dort encore profondément. Je prépare le café et commence à charger dans les sacs notre repas de midi. Aujourd’hui, nous nous attaquons à un gros morceau (pour nous) : la montée à l’Aiguillette des Houches.

Après le raté d’hier, nous voulons la réussir. On charge la voiture, grand beau temps encore aujourd’hui, nous partons en short. Cette fois nous connaissons le chemin, nous n’allons pas nous perdre. Nous voulions acheter du pain aux Houches, nous l’avons oublié, nous nous en passerons. Hier, j’ai préparé une polenta sucrée avec raisins secs, ça le remplacera.

Hier soir, d’ailleurs, nous avons partagé une autre polenta avec un couple rencontré dans le camping. Ça fait plus de quinze ans qu’ils viennent dans la région et ils la connaissent parfaitement. Ils nous donnent des tas de conseils et d’indications sur les randonnées à faire.

C’est un couple de retraités actifs. Lui, était directeur d’école, elle travaillait à l’administration de la même école, ils ont eu quatre enfants. Nous discutons près d’une heure avec eux en savourant la polenta chaude qu’ils ne connaissaient pas. Dans notre projet du TMB, nous avions prévu de remplacer le pain par la polenta. Nos amis ont trouvé l’idée très intéressante.

Nous arrivons au parking du Bettey juste avant la Flatière. Surprise ! Malgré l’heure somme toute matinale (7h30) plus d’une dizaine de voitures sont garées. Le parcours sera probablement chargé.

Nous démarrons sur le bitume par la côte qui monte à la Flatière. Dans notre dos le panorama grandiose du massif du Mont-Blanc avec les neiges éternelles qui brillent sous le soleil. Nous grimpons doucement pour nous échauffer jusqu’au Plan de la Cry (1431 m). Là, nous tombons les polaires.

Nous choisissons de monter à l’Aiguillette par la Pierre Blanche. En chemin, nous croisons Patricia qui marche avec sa chienne, Kenza, une golden Retriever. Nous commençons à discuter. Le courant passe tout de suite. Nous sympathisons. Elle est la compagne d’un ancien guide – moniteur de ski et vit aux Houches. Pendant toutes les vacances scolaires (elle est enseignante en Belgique). Elle nous parle de la randonnée que nous faisons et nous accompagne jusqu’en dessous de l’Aiguillette des Houches. Elle poursuit directement vers le Chalet Chailloux. Nous échangeons nos téléphones et elle nous demande de l’appeler ce soir, elle souhaite nous faire découvrir la région. Rendez-vous est pris pour le soir même.

Autre rencontre faite dans le même temps, Anne, qui travaille dans un centre de réinsertion d’enfants. Elle nous rejoint peu après Patricia dans une montée où se croiser est difficile et invite à la discussion. Elles se découvrent des relations communes. Anne est native des Houches, et est revenue s’installer dans sa ville natale depuis quelques années.

Anne monte plus vite que nous, elle va elle aussi à l’Aiguillette. Nous nous quittons au même moment que Patricia.

Chose extraordinaire : le guide que Pascale cherche, Franck, est un ami du mari de Patricia, et Patricia elle-même marche avec sa femme.

La montagne est vraiment petite sous certains aspects !

Nous continuons vers l’Aiguillette. Le panorama est magnifique. On pourrait faire, sans aucun problème, une photo à chaque pas. D’un côté le massif du Mont-Blanc, de l’autre la chaîne des Fiz, au loin le massif des Aravis. Entre nous et les Fiz, les gorges de la Diosaz. Tous ces massifs sont d’aspect très différent. Cette diversité de massifs est une des raisons du choix de Chamonix pour y installer l’école des guides. Ça permet de trouver en un même lieu tous les types de montagne.

Nous attaquons la montée vers le sommet de l’Aiguillette. Dorénavant nous sommes sur la crête. Le lacet balançant alternativement de la vallée de l’Arve aux gorges de la Diosaz.

Nous sommes rejoints par plusieurs groupes de quinze ou vingt personnes. Certains avec guide. Nous les laissons passer afin de pouvoir savourer seuls la vue… et pour l’instant entre Patricia et Anne, nous avons suffisamment parlé. A un moment, un homme, membre d’un des groupes commence à nous parler du chien. Nous invoquons le fait que nous nous refroidissons pour repartir et abréger la conversation. Dommage, il semblait intéressant.

Ces groupes marchent très mal à mon goût. Beaucoup trop près les uns des autres. Ils s’envoient des cailloux, risquent de se donner des cops de bâton. Bref, ce n’est vraiment pas ma vision de la randonnée en montagne.

Les derniers mètres sont très scabreux avec le chien. Le chemin, très fréquenté, est en mauvais état, juste de quoi poser un pied. Derrière, c’est 1400 m de vide avec une pente à soixante-dix degrés. Cette portion fait environ cent cinquante mètres. Heureusement qu’Isko obéit parfaitement à la voix. Il fait un pas, « STOP », je fais un pas, « DEVANT », et on recommence chacun son tour.

Cependant, pour corser un peu l’exercice, nous croisons notre premier troupeau de moutons en alpage ! Isko aimerait bien, à son tour, aller leur faire une petite « causette ».

Quand je dis « troupeau », il faut relativiser. J’entends une dizaine de moutons, sans berger. Cela me semble incroyable de trouver aussi peu de vie dans ces montagnes aussi bien sauvage que domestique. Nous n’avons croisé que trois vaches et ces quelques moutons depuis notre arrivée. Quant à la vie sauvage, hormis quelques papillons, fourmis (énormes), et autres insectes, aucun grand animal (chamois, cerf, chevreuil), quelques crottes laisseraient supposer leur présence (chamois probablement à cette hauteur). Pas de marmotte, peu d’oiseaux (juste deux corbeaux dessinant leurs orbes dans le ciel près de l’aiguillette, pas de rapace). Les seuls troupeaux rencontrés sont les troupeaux de randonneurs.

Enfin nous arrivons au carrefour indiquant le Chalet de Chailloux. L’aiguillette est à deux minutes un peu plus haut. Etant donné le caractère dangereux des derniers mètres parcourus, nous décidons de nous poser là et de manger. Nous sommes rejoints par trois jeunes filles faisant le circuit à l’envers de nous. Je leur souhaite bien du courage pour descendre la crête.

Nous déjeunons face à la chaîne du Mont-Blanc, avec les glaciers tout rutilants de soleil de Taconnaz et des Bossons qui descendent droit devant. Une jeune femme rencontrée dix minutes plus tôt nous avait invités à observer aux jumelles le massif. Elle avait aperçu les cordées partant faire l’ascension du toit de l’Europe. Nous cherchons, nous ne voyons rien. D’ailleurs ça ne nous intéresse que très peu. Il y a un aspect mercantile, d’une part, et un côté « j’ai FAIT le Mont-Blanc… en payant », d’autre part, que je trouve très désagréable et indigne de la montagne.

Notre voisin de camping nous a même indiqué qu’on pouvait acheter à Chamonix un stage de montagne d’une semaine se terminant par l’ascension de Mont-Blanc, le tout pour 450€. Ça peut peut-être expliquer le nombre de sorties par jour de la gendarmerie pour effectuer des secours (un guide est même décédé durant notre séjour).

D’après Patricia, même les moniteurs de ski ont suivi ce mouvement du mercantilisme. Ils ne sont même plus capables de dire « Bonjour » ou « Merci » aux responsables des remontées mécaniques.

Nous redescendons. Direction le Chalet Chailloux. Nous n’avons fait que deux cents mètres que nous sommes rejoints par Anne, qui a fait une longue pose à l’Aiguillette. Nous allons descendre avec elle jusqu’à Merlet. Je marche devant, Pascale reprend la conversation du matin. Nous traversons les alpages, quelques moutons, Isko tire dans tous les sens. Je dois m’arrêter pour mettre des sparadraps à mes gros orteils tellement je freine pour le retenir. Nous croisons enfin quelques sources, Isko peut se désaltérer longuement.

Arrivés à Merlet, nous échangeons nos téléphones avec Anne. Nous continuons la descente au Plan de la Cry. Nous y mangeons un morceau de polenta, nous sommes presque arrivés. La Flatière, le Bettey, nous sommes revenus à la voiture, il est quinze heures trente.

Nous repassons par les Houches, acheter le pain oublié ce matin et rentrons au camping. Nous sommes rouges comme des écrevisses, surtout les jambes qui n’ont pas reçu autant de soleil depuis bien longtemps.

Avant la douche, nous nous posons un peu pour prendre un café. Notre voisin vient nous rejoindre.

Demain sera une journée stand by. Nous avons besoin de récupérer et de refaire les provisions. Nous passons un petit coup de fil à Patricia. Rendez-vous demain soir à l’Office du Tourisme des Houches.

 

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Dernière modification : 19 décembre 2004.